• Les rêves d'Élisa-Chapitre 18

    Les rêves d'Élisa-Chapitre 18

    Le premier rêve d’après

               

                ...Elle se débat en proie à une terreur sans nom. Elle veut s’enfuir mais deux bras vigoureux l’en empêchent, la maintenant par derrière. La horde se précipite droit sur elle au triple galop… Des centaines et des centaines de chevaux ! Le bruit de leurs sabots résonne, assourdissant. Elle n’en a jamais vus même si elle sait que ces animaux-là, comme beaucoup d’autres de différentes espèces, existent dans les zoos, à la surface, pour Eux qui préfèrent se nourrir des rêves de ceux d’en bas, plutôt que de profiter des merveilles mises à leur disposition.

                Elle va mourir parce qu’ils ont menti sur la réalité du Monde !

                Elle va mourir parce que celui qu’elle aime ne lui rend pas son amour comme dans les rêves que les monstres froids l’obligeaient à vivre.

                Elle est dehors ! Jamais elle n’aurait pensé qu’un jour elle sortirait de sa tombe- prison Comment aurait-elle pu penser ? C’est interdit dans la Sphère.

                Elle est dehors et elle va mourir !

                Les chevaux foncent sur elle, noirs comme la Mort !

                Qu’importe ! Mieux vaut mourir que vivre sans l’amour de Jonathan.

                - Tu as raison, retiens-moi ! Laisse-les me piétiner ! Je n’ai plus la force de lutter contre toi !  Murmure-t-elle à celui qui la retient prisonnière, comme s’il était décidé à mourir avec elle. Tu peux me lâcher et aller vivre ta vie ! Je ne m’enfuirai pas ! Insiste-t-elle tournant la tête vers lui.

                Dieux du ciel ! C’est une femme sans âge au visage marmoréen qui la serre à l’étouffer. Pas l’homme de sa vie !     Les bras se sont desserrés et l’ont relâchée. Elle est libre face à cette abomination qui n’a plus rien d’humain. Elle pourrait s’enfuir mais ses jambes sont de pierre.

                - Ah ah ah ! T’enfuir ? Tu m’amuses petite esclave naïve ! Tu ne peux pas t’enfuir ! C’est drôle hein ! Ce rêve, tu vas devoir le vivre jusqu’au bout car tel est mon désir ! Tu ne peux t’y soustraire ! Croyais-tu donc pouvoir nous échapper ? Ah ah ah !

                Elle crie sa terreur, sa haine, son refus, frappant de toute la force de ses poings nus, la poitrine de l’horrible femme-robot.

                Une voix qu’elle croit reconnaître hurle dans ses oreilles :

                - Réveille-toi Élisa ! Réveille-toi ! Ce n’est qu’un mauvais rêve, tu dois te réveiller.

     

                Elle se débat, en proie à une terreur sans nom. Deux bras vigoureux la secouent. Elle ouvre les yeux et se dresse sur la paillasse qui lui sert de lit de fortune. Encore tremblante de peur, elle frappe des deux poings la poitrine de celui qui l’a forcée à se réveiller, la sauvant du même coup du cauchemar qui l’emprisonnait.

                - Bon sang, Tu m’as fait une de ces peurs Élisa ! Je croyais que tu n’allais jamais te réveiller !

                - Jonathan ?

                - Oui ?

                -C’est vraiment toi ?

                - Qui veux-tu que ce soit ?

                - Je ne suis pas en train de rêver alors !

                -Non plus maintenant ! Et c’est tant mieux car ça m’avait tout l’air d’être un rude cauchemar !

                -Tu…Tu n’étais pas là cette fois !

                - Non ! Mais je suis là à présent ! De quoi t’ai-je sauvée ma douce ?

                - Une horde de chevaux noirs me fonçait dessus et allait m’écraser.

                - Et qui frappais-tu avec une telle violence que j’en ai encore mal ?

                - Je crois que c’était Serena. Jonathan… C’est quoi ce bruit ?

                - Tu parlais d’une horde de chevaux ? Viens voir !

                Totalement réveillée à présent, elle le suit dehors où les deux autres se trouvent déjà, admirant le spectacle grandiose qui se déroule en contrebas.

                Dans la vallée qui s’étend à perte de vue à leurs pieds, des centaines et des centaines de chevaux sauvages, galopent crinière au vent.

    « D'où viennent-ils ? » se demande-t-elle mais la question s’efface devant la magie de l’instant.

     

                - Te voilà réveillée jeune fille ! Tu allais rater le plus beau ! Tu voulais savoir d'où ils viennent pas vrai ? Ce sont les sacrifiés du Zoo. Comme tous les animaux que tu rencontreras un de ces quatre, ils ont été relachés  tout jeunes dehors, non pas pour vérifier l'état de l'air, même si c'est ce qu'Ils disent alors qu'en réalité Ils s'en moquent mais juste pour éviter le trop plein dans les enclos. Comme tu le sais on n'utilise que les "vieux" voués à la destruction finale pour nourrir la Sphère, que ce soit chez les humains ou les animaux. Alors, qu'en penses-tu ? Tu voulais voir de la vie, n’en est-ce pas là une des plus merveilleuses manifestations ?

                Elle ne répond pas.  Elle ne l'a pas vraiment entendu.  D’un geste furtif, elle essuie les larmes qui perlent à ses paupières, lui brouillant la vue. Surtout, ne pas perdre une miette de cette fascinante cavalcade ! Le bruit des sabots résonne au rythme effréné des battements de son cœur. Si elle doit mourir maintenant, ce sera de bonheur. Le bras de Jonathan entoure ses épaules. Le rêve était douloureux, le réveil fut magique !     

                Martha a raison ! S’ils sont inhérents à la nature humaine, les rêves ne sont qu’une partie de la vie, l’incontournable manifestation de l’inconscient. Mais la vraie vie, c’est ce qu’elle ressent en ce moment : la chaleur et la tendresse retrouvée de l’homme de ses rêves !

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