• Les rêves d'Élisa-Chapitre 17

     

    Le deuxième jour

               

                Ils sont repartis à l’aube, après cette trop courte première nuit de liberté qui les a à peine reposés. Une nuit sans rêves d’aucune sorte pourtant !

                Avant de quitter leur refuge, Martha leur a fait enfiler une espèce d’ample cape capuchonnée à Jacob et à elle.

                - Les matinées sont très fraîches en cette saison et de plus, nous aurons encore de la pluie aujourd’hui, leur a-telle dit en guise d’explication en jetant la sienne sur ses épaules.

                Puis elle leur a donné à chacun un solide bâton.

                - C’est pour nous défendre ? A avancé Jacob

                - Non, pour marcher ! Ça vous aidera, surtout quand nous grimperons.

                - Grimper ? Se sont exclamés les deux fugitifs d’une même voix plaintive.

                En se remémorant leur longue et épuisante course dans les tréfonds de la Sphère et la non moins harassante marche qu’ils ont dû subir après leur évasion, ils doutent d’être capables de « grimper ». Leur air désespéré a fait sourire Martha.

                - Oui, grimper ! Rien de bien méchant, rassurez-vous ! Juste une collinette !

                - Une collinette ? A questionné Élisa qui n’avait pas envie de rire.

                - Un monticule à côté de la Sphère que nous apercevrons lorsque nous serons au sommet, crois-moi petite ! Tenez ! A-elle ajouté en leur tendant un grossier havresac de toile, vos provisions de route.

                - Il y a quoi là-dedans, a demandé Jacob que la perspective de « grimper » fatiguait d’avance.

                - Une gourde d’eau, des pilules nutritives qu’il vous faudra économiser parce que ce sont les dernières, de la vraie nourriture à laquelle tôt ou tard il faudra vous habituer, des vêtements de rechange. On va en avoir besoin. Et un onguent miracle de ma composition pour soigner vite fait plaies et bosses de toute sorte, également valable contre les coups de soleil - mais pas de risque aujourd’hui – et contre les piqûres d’insectes.

                -Des…insectes ? C’est quoi des..insectes ? C’est…dangereux ? L’a interrogée Jacob inquiet.

                - Pour vous deux dont la peau est encore très fragile et dont le système immunitaire n’a jamais été mis à l’épreuve, oui ! Mais rassure-toi Jacob, mon onguent a déjà fait plusieurs fois ses preuves sur les « sphériques », à commencer par Jonathan et moi.

                - Et les pilules…est-ce que… A timidement demandé Élisa que l’idée de se nourrir de ses congénères emplit désormais d’horreur.

                - Non, il n’y en a pas de rouges lui a assuré Martha devançant sa question.

                Un double soupir de soulagement lui a répondu. Quant à savoir en quoi consiste la « vraie nourriture » qu’elle a évoquée, ni l’un ni l’autre n’est pressé de le découvrir ! Ni d’y goûter d’ailleurs !

                - Où est Jonathan ? A demandé Élisa, s’avisant d’un seul coup de l’absence de son étrange sauveur.

                - Déjà parti ! A répondu Martha laconique

                - Parti ? S’est exclamé Jacob. Parti où ?

                - Pa..parti ? A bredouillé Élisa d’une toute petite voix, le cœur étreint d’une tristesse qu’elle ne veut pas s’expliquer.

                Sa soudaine pâleur n’a pas échappé à la vieille femme.

                - Allons ! Ne vous inquiétez pas ainsi ! Il ne nous a pas abandonnés hein ! Il est juste parti en éclaireur. Les sentiers que nous empruntons sont très vite repris par la végétation entre deux extractions vous savez ! Il faut donc chaque fois les retrouver et les rendre à nouveau praticables, c’est tout !

                Le sourire renaissant de la jeune fille et les couleurs revenues sur son visage, n’ont fait que confirmer l’intuition de Martha. Élisa est amoureuse ! C’est trop tôt ! Comment réagira-t-elle quand elle saura, éprise comme elle l’est déjà de son sauveur ! Elle a pourtant tout fait pour empêcher ça ! Et insisté assez lourdement pour que le jeune homme passe aux aveux avant qu’il ne soit trop tard ! L’entêté l’a envoyée paître ! Il risque de s’en mordre les doigts plus vite qu’il ne le croit ! Il n’est hélas plus en son pouvoir d’intervenir !

                - Comment les retrouvez vous alors, a questionné Jacob, interrompant le cours de ses pensées.

                - Que… quoi ?

                - Les chemins ? Comment les retrouvez-vous ?

                -Comme le faisaient nos lointains ancêtres randonneurs cher Jacob ! Nous avons dressé des tumulus de pierres tout le long de la route jusqu’à Liberté. Et pour faciliter notre tâche de reconnaissance, nous y avons planté solidement des bâtons sur lesquels sont fixés des morceaux d’étoffe rouge. Nous perpétuons cette très ancienne tradition en demandant à ceux que nous libérons, d’ajouter leur pierre à chacun de ces tumulus.

                - Nous sacrifierons bien volontiers à cette tradition chère Martha, a déclaré Jacob d’un ton joyeux.

                - Vous avez parlé de « Liberté » s’est enquise Élisa. C’est quoi ?

                - Notre destination, tout en bas de la Nouvelle-France jeune fille ! D’ailleurs, si vous êtes prêts, on va y aller ! Il ne faudrait pas faire attendre notre guide trop longtemps !

                C’est ainsi qu’ils se sont mis en route tous les trois, cheminant d’un bon pas dans le petit matin frisquet, pressés de retrouver Jonathan à l’endroit prévu par Martha et lui la veille.

     

    *

                Il leur a fallu quatre heures de marche sous une pluie fine et persistante pour atteindre le campement provisoire où Jonathan les attendait effectivement. Ils l’ont trouvé assis à même le sol dans une hutte faite de branchages et de larges feuilles entrelacés. Un abri sommaire mais cependant suffisamment efficace contre ce maudit crachin qui a fini par traverser l’épais lainage de leur cape, les trempant de la tête aux pieds. Sous le regard renfrogné de l’occupant du lieu, ils se sont entassés dans la cabane tout juste assez grande pour eux quatre.

                - Vous en avez mis du temps ! Vous vous croyez en balade ou quoi ? Jette Jonathan avec hargne.

                Son air maussade fait plus que laisser entrevoir son humeur massacrante !

                - Holà mon ami ! Ce n’est pas parce que tu as mal dormi que tu dois t’en prendre à nous de cette façon !

                - Je n’ai pas mal dormi, je n’ai pas dormi du tout ! Ça fait des plombes que je vous attends là-dessous ! Je suis gelé et…

                - Nous aussi ! On a fait aussi vite qu’on pouvait ! Ce n’est pas de notre faute s’il pleut depuis l’aube, que les chemins sont glissants ou que tu n’as pas dormi. Encore que pour ce dernier point, la jolie demoiselle ici présente…

                - Stop Martha !

                - Aurais-je raison ?

                - Ça ne te regarde pas ! N’abuse pas de ma patience, je ne suis pas d’humeur !

                - J’avais remarqué ! Reprends-toi jeune homme et cesse de nous en vouloir pour ces choses qui ne nous regardent pas !

                - OK ! Maugrée le coupable.

                - Bien ! Maintenant, on va se changer, faire sécher un peu nos vêtements, avaler une petite pilule pour se requinquer et se reposer les jambes avant de se remettre en route, d’accord ? A conclu la vieille femme en se débarrassant de son havresac et de sa cape. Si ces messieurs veulent bien aller faire un tour dehors pendant qu’Élisa et moi nous enfilons du sec… Ce serait courtois et bienvenu !

                Les deux hommes sortis, elles ont prestement quitté leurs vêtements mouillés et se sont changées. Puis Jacob a rapidement fait de même.

                Ni Jacob ni elle n’ont dit mot durant cette altercation. Si dans les yeux de son compagnon d’échappée, elle peut lire une totale incompréhension, Élisa, elle, ne devine que trop bien les raisons de l’évidente mauvaise humeur de Jonathan. C’est bien à cause d’elle qu’il n’a pas dormi. Á coup sûr, il regrette leur baiser de la veille ! Mais pourquoi le faire payer aux autres ?  

                Á présent, réunis tous les quatre autour d’un petit feu de camp, réchauffés, leurs vêtements humides accrochés sur une corde au-dessus des flammes, chacun reprend des forces de la façon qui lui convient.

                Jacob et elle ont déjà consciencieusement avalé leur pilule nutritive en la faisant passer avec quelques gorgées d’eau. Ils regardent sans envie les deux autres mastiquer avec un plaisir évident leurs « biscuits de survie », ainsi que Martha qualifie les rectangles bruns et croustillants qu’elle affirme avoir confectionnés de ses blanches mains. Ils ont l’air de trouver ça bon. Pourtant, ces spécimens de « vraie nourriture », n’ont rien de ragoûtant aux yeux des sphériques qu’ils étaient encore hier, habitués à une nourriture sous forme de pilules sans odeur ni saveur mais parfaitement nourrissantes et surtout totalement aseptisées.

                - Vous devriez goûter avant de décréter que ce n’est pas mangeable ! Leur propose Martha en leur tendant un biscuit à chacun. En plus d’avoir une excellente valeur nutritive, ils sont naturels et délicieux.

                - Euhh… Plus tard, peut-être…Décline Jacob en grimaçant

                - Et toi Élisa ? Insiste la vieille femme

                - Je…Je ne me sens pas prête !

                - Tu as pourtant mangé bien des plats différents dans tes rêves petite et tu te régalais, non ?

                - Je ne me souviens plus Martha !

                - Ça te reviendra ! Et il le faudra bien car là où nous allons, pas de petites pilules ma jolie ! N’est ce pas Jonathan !

                - Hum… Bougonne l’intéressé entre ses dents avant de reprendre sa mastication sans plus se préoccuper des autres.

                - Bof ! Ça lui passera marmonne Martha devant la mine consternée des deux fugitifs. Ne t’en fais pas petite ! Murmure-t-elle rien que pour Élisa dont l’air malheureux est plus explicite que les mots.

                Ne pas s’en faire ? Elle en a de bonnes Martha !

     

    *

                Quatre nouvelles heures se sont écoulées depuis leur halte matinale. Quatre heures pénibles durant lesquelles Jonathan n’a desserré les dents que pour jeter des ordres brefs d’un ton aussi froid et métallique que celui de SHYD 7007.

                « Stop ! », « Par ici ! », « Plus vite ! » Voilà tout ce qu’elle a entendu, comme les autres. Et jamais il ne s’est adressé à elle directement. Depuis leurs retrouvailles dans la hutte de branchages, il l’ignore purement et simplement ! Il ne marche plus avec elle comme il le faisait hier. Il préfère la compagnie de Jacob, même s’il ne lui parle pas plus qu’à Martha ou à elle. Sentant son chagrin, la vieille femme l’a prise sous son aile, oubliant son animosité de la veille.

                Elle ne comprend rien à l’attitude réfrigérante de son sauveur. C’est comme si elle n’avait jamais existé pour lui, comme si jamais de merveilleux rêves ne les avaient réunis, comme si leur baiser n’avait jamais eu lieu. Á croire qu’il lui en veut pour ce fabuleux moment sous le seul regard des étoiles. Elle n’a pourtant rien fait pour le provoquer, même si elle en a savouré chaque seconde. C’est arrivé, c’est tout ! Ne lui a-t-il d’ailleurs pas dit qu’elle allait devoir s’y habituer, que cette fois, ce n’était pas un rêve ?

                Il a menti ! Plus jamais désormais, elle ne confondra le rêve et la réalité. Le délicieux émoi de la veille, elle va l’oublier. Et ces rêves où ils s’aimaient comme des fous de toute éternité, elle est bien décidée à les bannir de sa mémoire eux aussi. Elle ne veut se souvenir que d’une chose : hier trieuse sans désir ni conscience dans les serres de la Sphère, elle est aujourd’hui Élisa, une femme libre en route pour sa nouvelle vie. L’Amour n’était qu’un leurre ! Le pire de tous.

                La pluie a cessé. Dans le ciel redevenu bleu, le soleil est à son zénith.

                - On s’arrête là ! Lance Jonathan à la cantonade sans même se retourner.

                - Bien chef ! Jette Martha d’un ton acide.

                Visiblement, elle est fatiguée d’avoir à supporter l’air renfrogné de leur guide. Elle n’est pas la seule. Prétextant son incapacité à suivre le rythme du jeune homme, Jacob s’est joint au deux femmes à l’arrière.

                Là, c’est un bouquet d’arbres majestueux dont les cimes semblent frôler l’azur.

                - Ce sont des chênes probablement plusieurs fois centenaires, explique Martha, amusée par la mine extasiée des deux évadés.

                Les arbres, ils savent qu’il en existe dans le musée arboretum de la Sphère mais ce lieu, établi en surface, sous le dôme, leur était tout aussi interdit que les autres musées architecturaux, artistiques, animaliers et autres richesses pieusement conservées de l’ancien monde pour le seul plaisir de l’élite d’en haut. Depuis le début de leur périple, ils en ont admiré des tas mais pas d’aussi beaux que ceux-là !

                -Ils sont gigantesques ! S’écrie Élisa qui du coup, a retrouvé un peu de son enthousiasme. Le Monde du dehors n’a décidément rien à voir avec ce que nous apprenait la Machine quand j’étais enfant ! Il n’est ni dévasté, ni mort, ni désert même si nous n’y avons pas rencontré âme qui vive !

                - Ça va venir jeune fille ! Tu vas en voir du monde, crois-moi ! Et pour ce qui est de la nature, elle a eu 1000 ans pour se remettre de l’Apocalypse ! 1000 ans sans l’Humanité, qui lui ont permis de guérir à la fois de nous, de notre incurie et du feu du ciel ! Je t’expliquerai tout ça en temps voulu. Il est l’heure de nous restaurer ! Nous allons avoir besoin de force pour ce qui nous attend ! Surtout Jacob et toi ! Tu vois là bas ?

                Dit-elle en pointant l’horizon de l’index. Intriguée Elle tourne la tête dans la direction que lui montre la vieille femme. Jacob regarde aussi.

                - Humm hum ! C’est la collinette dont je vous ai parlé ce matin. Nous devons l’avoir grimpée avant ce soir, car c’est là que se trouve notre prochain refuge pour la nuit. Á moins que vous n’ayez envie de dormir à la belle étoile !

                - On va devoir escalader ça ? Demande la jeune fille en constatant que ça a l’air bien plus haut que ce que leur a annoncé Martha.

                - Eh oui ma belle ! Alors il va falloir manger du consistant ! Cette fois, vos petites pilules ne suffiront pas mes agneaux ! Allez hop, on ouvre les sacs, c’est le moment ou jamais de vous mettre à la vraie nourriture !

                Jonathan ne les a pas attendus. Tout seul dans son coin, il a commencé à manger, adossé au tronc d’un chêne, le regard perdu dans le vague. Il a l’air triste, oui, triste ! Et il l’est, elle en jurerait.

                «  C est que je m’en veux tellement Élisa ! » Croit-elle entendre dans sa tête. Mais elle rêve, sûrement ! De quoi s’en voudrait-il après tout ? De l’avoir embrassée ? Elle était plus que consentante et elle aurait tant aimé renouveler la grisante expérience.

                Obéissante et résignée, consciente que Martha a raison, elle sort de son sac la boîte de « vraie nourriture » qu’elle va devoir se forcer à avaler pour tenir la route ! Tout comme Jacob assis à côté d’elle, qui renifle avec un dégoût manifeste le contenu de sa propre gamelle : des biscuits de survie et de la viande boucanée dont l’odeur forte lui soulève le cœur. « De la viande de quoi  Quel animal du zoo a-t-il été sacrifié ? Ou quelle bête du dehors?  Ils n’en ont croisé aucune jusqu’à présent !» se demande-t-elle inquiète. Mais elle n’ose poser la question

                Tout comme celui de Jacob probablement, vu sa pâleur, son estomac proteste avec vigueur mais elle s’oblige à mâcher ces mets d’un autre âge, remerciant les médecins et scientifiques des Sphères, d’avoir su maintenir en état de marche toutes les fonctions du corps humain pour un hypothétique retour à la surface. Durant des années, elle a eu de belles dents blanches bien implantées bien que totalement inutiles pour avaler des pilules et de l’eau. Pas plus que ne l’était son estomac artificiellement entretenu pour pouvoir un jour se remplir d’un contenu plus conséquent. Oui, Les concepteurs des Sphères avaient tout prévu dans l’espoir qu’un jour, les survivants retourneraient à la vraie vie en possession de tous leurs moyens originels mais, les années, puis les siècles passant, ils avaient oublié cet objectif final, allant même jusqu’à tout faire pour que ce retour n’ait jamais lieu.

                Fixée sur ses sombres pensées, elle a tout mâché et avalé sans vraiment s’en rendre compte. Ce n’est pas le cas de Jacob qui, hoquetant, les boyaux retournés, vient de se lever et de partir en courant vomir loin du regard de ses compagnons.

                Lorsqu’il revient, plus verdâtre que pâle, Martha l’oblige à boire une espèce de mixture amère censée lui remettre l’estomac en place pour son prochain repas.

                - Tu as encore droit à une de tes pilules pour cette fois mon ami mais après, tu devras t’y mettre toi aussi ! Regarde Élisa, elle a fait la grimace mais elle a tout mangé !

     

    *

     

                L’escalade de la « collinette » a été aussi rude que ce qu’elle avait pressenti en la découvrant de loin ! Et le mutisme forcené de Jonathan s’est prolongé. C’est Jacob qu’il a choisi d’aider chaque fois qu’il trébuchait, affaibli par le manque de nourriture. Elle, n’a pu compter que sur la sollicitude jamais démentie de Martha depuis que Jonathan lui bat froid. Elle était tellement fourbue, qu’elle ne voyait même plus la beauté du paysage. Et son malcommode sauveur qui houspillait tout le monde chaque fois que l’allure ralentissait, n’était pas là pour remonter le moral des troupes épuisées. La montée au sommet de la colline a été pour elle un véritable calvaire ! Un enfer  même !

                Pas étonnant donc, qu’au terme de leur longue grimpée, leur modeste havre nocturne lui soit apparu comme un paradis !

                - Il était temps ! La nuit tombe !

                Sont les seuls mots qu’a consenti à prononcer leur guide avant de pénétrer dans le refuge.

                Harassés, ils ont mangé en silence. L’anti vomitif de Martha de nouveau dûment ingurgité, Jacob a enfin pu garder son deuxième « vrai repas ». Après quoi, à bout de forces il est allé se coucher sur sa paillasse sans plus attendre et s’est aussitôt endormi du sommeil du juste.

                Toujours sans mot dire à quiconque, Jonathan a fait de même.

                Elles se retrouvent donc toutes les deux sous le ciel étoilé. Martha lui ayant assuré que c’était possible même de nuit, Élisa voulait voir la Sphère. Une dernière fois, parce qu’après être redescendus de la colline, elle ne sera plus visible, lui a assuré la vieille femme. Elle brille dans le lointain, menaçante et massive silhouette opalescente en dépit de la distance. Elle le voit, ce monde inhumain qui l’a vue naître et grandir. Elle le voit avec un pincement au cœur parce qu’il a été toute sa vie durant tant d’années ! Trop ! Des monstres froids comme la glace, froids comme la Machine sans âme qu’ils ont créée, dorment là-bas, forçant ceux de leurs esclaves qui possèdent ce don pourtant interdit, à rêver pour eux !

                « Plus jamais se dit-elle, plus jamais ! »

                - Mais si ma belle, tu rêveras encore ! Seulement, désormais, ce seront tes propres rêves !

                - Non ! Je n’ai plus envie de rêver Martha ! Le réveil fait trop mal !

                - Souffrir mon enfant, ça fait partie de la vraie vie, celle qui t’attend demain et tous le reste de tes jours. Les rêves reviendront et il te faudra les accepter comme faisant partie intégrante de ton humanité retrouvée.

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  • Commentaires

    1
    Thaddée OB
    Lundi 21 Avril 2014 à 15:15

    Qu'il est lunatique ce Jonathan. Ça me fait penser à mes propres mésaventures, quand je croyais en l'amour ... et qu'il ne se passait plus rien en face. Mais sans doute a-t-il de bonnes raisons de se montrer aussi indifférent. L'avenir dira yes ?

    Et d'un petit passage chez toi pour t'embrasser et te souhaiter un joli lundi de Pâques ma chouette, même s'il est bien entamé. Gros bisou wink2.

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